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Face à mes démons personnels : m'accepter ou changer ?

Il est des moments où je ne peux plus me supporter, j'aspire à changer de peau...

Il est des jours où je ne peux plus me supporter et où j'aspire à changer de peau...

Ne plus être être moi, me transformer semble impératif. Mais est-ce vraiment la solution ? Est-ce possible, est-ce souhaitable ?




Les limites du changement :


Je ne peux plus me supporter, j'aspire à changer de peau... Ne plus être cette personne là, changer semble impératif...


Pour les partisans de l'acceptation vouloir changer complètement un ou plusieurs aspects de sa personnalité revient à un rejet de tout ou d'une partie de soi. Et il est vrai que parfois derrière une demande de changement il y a une part de déni.

Par exemple, vouloir :

- changer pour fuir une partie de 'moi',

- changer pour ne pas me confronter à qui je suis, à mes limites,

- changer pour ignorer des émotions,

- ou m'installer dans l'illusion. Par exemple, après un deuil, une perte, une rupture, vouloir reprendre la vie comme avant, comme si rien n'avait eu lieu.


Dans certains cas extrêmes, tout changer procède d'un sentiment de toute puissance, où il n'y aurait rien besoin d'accepter car tout serait modifiable à ma guise, sous contrôle.

Avec l'idée que je peux devenir exactement qui j'ai envie d'être. Mais qu'est-ce qui alors crée l'unité du moi ? Les attentes de ceux que 'Je' fréquente, la dernière mode sur instagram, les dictats de la mode ? Et 'Je' est-il toujours capable de savoir ce qui est bon pour lui ? Enfin n'y a t'il pas un risque que 'Je' se perdre dans le vain désir d'être sculpteur et sculpté ?


Critiques du fatalisme ....

Mais alors, faudrait-il se résigner à une forme d'acceptation fataliste ?


'JE' suis ... égoïste, fumeur, alcoolique, déprimé, en deuil, etc... et c'est comme ça, de toute façon. JE ne peux être que ce que je suis à cet instant. Finalement, cela revient à s'emprisonner dans des problèmes hérités du passé.


Cela risquerait également de conduire à une vie assez routinière, conflictuelle ou solitaire. Puisque 'Je' serai alors trop rigide pour s'adapter aux autres mais également aux événements imprévus de la vie.


Il n' a qu'un pas de l'un à l'autre ...

Comment évoluer tout en restant moi ? Quels sont les limites à l'évolution du Moi ?

Est-il possible de gérer de façon active sa propre vie ? N'est-on pas en partie responsable de notre façon de voir le monde, de penser et d'agir ?


Ma façon de voir le monde, d'interagir avec lui influence mon ressenti et mon vécu quand au 'monde'. En retour, par effet de rétroaction le monde agira à mon égard en fonction de ma façon d'agir sur lui.


Alors où agir, notamment en thérapie ou en travail personnel ?

Il est possible de faire évoluer des ressentis, des émotions pour dépasser (en partie) ce qui relève de l'inné, de l'hérité. Donc finalement dépasser en partie ce qui relève d'un certain fatalisme en s'essayant à d'autres façons de faire, de voir, de ressentir, d'écouter et de comprendre.


Mais tout changement commence par un geste d'acceptation ou d'intégration, suivi d'un apprentissage :

  • Par exemple en prenant conscience des émotions qui me traversent, il est possible de les écouter, d'en tenir compte pour les réintégrer dans le corps. Ainsi 'Je' me connecte d'avantage à mes ressentis et acquiert une forme d'honnêteté avec moi-même. Pour commencer il s'agit bien souvent, de constater, de regarder avec bienveillance : 'il se passe cela dans mon corps'. Puis de revenir à un rôle actif, puisque c'est 'Je' qui ressent et pas autrui ou l'univers extérieur. De là, une forme de dialogie s'installe : dans telle situation, comment aimerai-je me sentir, agir ? Est-ce réaliste ? Est-ce bon pour moi ?


  • De même le deuil commence par accepter la personne que je deviens avec ma perte. En effet, si la perte ou la confrontation à un événement tragique est un fait, se reconstruire en l'intégrant à qui 'je' suis relève de ma responsabilité. Pour y parvenir certains.es auront besoin au préalable de développer ou réacquérir certaines capacités adaptatives. Celles-ci peuvent de pas avoir été apprises ou être en carence. Par exemple la capacité à se fier au monde ou à pouvoir s'appuyer sur ce qu'on y trouve, etc . Et finalement le problème au delà du traumatisme ou de la perte réside dans les ressources et capacités possédées pour le surmonter.


  • Tout changement commence par une prise de conscience. Rien que du fait que pour changer il convient d'en avoir envie. Et donc, d'avoir conscience qu'il y a un problème. Avoir une forme d'ouverture à moi même en acceptant mes limites, mes faiblesses, les conséquences de mes façons d'être. Il s'agit d'accepter que derrière un comportement il y a un apprentissage passé, un besoin inassouvi, une habitude, des valeurs, une volonté de protection ou un système de récompenses. Il s'agit pour l'inconscient d'y répondre au mieux. Alors hiérarchiser et clarifier mes valeurs, mes besoins, peut permettre de trouver plus d'alignement. Autrement dit mieux se connaître pour répondre au mieux à qui je suis dans le monde qui m'entoure. Il y a là une forme d'écologie dans le sens d'une recherche d'un meilleur équilibre.


Conclusion :

Pour conclure, si tout changement suppose une savante harmonie entre rupture et continuité, c'est parce que nous sommes multiples : une partie de nous aspire à changer quelque chose, tandis qu'une autre partie a besoin d'intégrer ce qui se trouve déjà présent en nous.

Une partie pose une intention pour le futur, et travaille au présent, tandis que l'autre se nourrit de mémoire et tient à son passé. Alors , à chacun.e, d'évaluer qu'est-ce que ce qu'il y a à cultiver au présent pour construire l'avenir.


Et vous, où en êtes-vous de votre évolution personnelle ?





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